Pauses non payées : 885 salariés d'Auchan font appel
Ils réclament depuis 2005 le paiement de leur pause sur leur temps de travail. 885 des 1 600 salariés d'Auchan qui ont déposé un dossier au conseil des prud'hommes de Lannoy ont été déboutés, hier.
Leur avocat croit au gain de cause en appel.
« D égueulasse. » Devant le bâtiment du conseil des prud'hommes, Marie-Paule n'a pas d'autre mot. Elle est « dégoûtée ». Comme Cédric, pâtissier, et 885 autres salariés d'Auchan, l'hôtesse de caisse à Englos a vu sa demande rejetée par le tribunal du travail : non, son employeur ne devra pas lui « rembourser les 3 800 E perdus » entre 2002 et 2007 sur son temps de pause.
Au moment du passage aux 35 heures, Auchan France a en effet obtenu des salariés de ses 121 hypermarchés français qu'ils travaillent 36 heures et 45 minutes (soit 35 heures plus 1 h 45 de pause). « Ils nous ont fait miroiter une compensation financière », explique Guy Laplatine, délégué syndical central CFDT, basé à Boulogne-sur-Mer. « Or les salariés doivent toujours travailler 7 h 30 par jour au lieu de 7 h pour obtenir le Smic », précise Franck Houzet, élu CFDT à Englos. Avant 2000, le temps de pause était historiquement rémunéré : les salariés travaillaient 37 heures, payées 39. Au final, « évaporée », la pause. « Auchan a inventé le dilatage du temps de travail des salariés », rempile Guy Laplatine.
Avis contraire en juillet
En 2003, lorsque les syndicats découvrent la « supercherie », ils en appellent aux inspecteurs du travail. « Des PV ont été établis, assure Guy Laplatine, mais rien à faire. » Deux années plus tard, les délégués saisissent le tribunal pénal qui, se disant incompétent, annule la procédure. Les salariés se tournent vers le tribunal de grande instance, « mais c'est toujours en attente ».
10 000 E de dommages
Appuyés par leur avocat, le Roubaisien Stéphane Ducrocq, ils décident donc de faire bouger les choses en 2009. 885 des 1 600 plaintes sont déposées aux prud'hommes de Lannoy. Une audience de conciliation échoue en octobre. Et les demandes sont déboutées hier. « Les 800 dossiers restants ont été déposés mercredi », affirme Stéphane Ducrocq, qui « ne compte pas en rester là ». L'avocat rappelle que le 13 juillet dernier, la Cour de Cassation de la chambre sociale a rendu un avis contraire dans une affaire du même type. « Nous sommes forts juridiquement. » Pour Guy Laplatine aussi c'est évident, « nous allons faire appel pour ces premiers 800 dossiers ».
Une décision qui ne semble pas effrayer l'entreprise et son avocat, Laurent Marquet de Vasselot, « satisfait d'avoir fourni les bonnes informations au conseil » : « Auchan a présenté les éléments relatifs à sa politique de rémunérations qui, je le rappelle, va bien au-delà des simples bases avec notamment un treizième mois et l'intéressement. Auchan a aussi démontré qu'elle respectait la loi et la convention collective. » Pour autant, les salariés n'en démordent pas : pour la plupart au Smic, ils ne comptent pas faire une croix sur les 4 000 E qu'ils réclament individuellement à Auchan, ainsi qu'à environ 10 000 E de dommages et intérêts. « Parce qu'en attendant le procès d'appel, nos pauses, elles, ne seront toujours pas payées. »
Leur avocat croit au gain de cause en appel.
« D égueulasse. » Devant le bâtiment du conseil des prud'hommes, Marie-Paule n'a pas d'autre mot. Elle est « dégoûtée ». Comme Cédric, pâtissier, et 885 autres salariés d'Auchan, l'hôtesse de caisse à Englos a vu sa demande rejetée par le tribunal du travail : non, son employeur ne devra pas lui « rembourser les 3 800 E perdus » entre 2002 et 2007 sur son temps de pause.
Au moment du passage aux 35 heures, Auchan France a en effet obtenu des salariés de ses 121 hypermarchés français qu'ils travaillent 36 heures et 45 minutes (soit 35 heures plus 1 h 45 de pause). « Ils nous ont fait miroiter une compensation financière », explique Guy Laplatine, délégué syndical central CFDT, basé à Boulogne-sur-Mer. « Or les salariés doivent toujours travailler 7 h 30 par jour au lieu de 7 h pour obtenir le Smic », précise Franck Houzet, élu CFDT à Englos. Avant 2000, le temps de pause était historiquement rémunéré : les salariés travaillaient 37 heures, payées 39. Au final, « évaporée », la pause. « Auchan a inventé le dilatage du temps de travail des salariés », rempile Guy Laplatine.
Avis contraire en juillet
En 2003, lorsque les syndicats découvrent la « supercherie », ils en appellent aux inspecteurs du travail. « Des PV ont été établis, assure Guy Laplatine, mais rien à faire. » Deux années plus tard, les délégués saisissent le tribunal pénal qui, se disant incompétent, annule la procédure. Les salariés se tournent vers le tribunal de grande instance, « mais c'est toujours en attente ».
10 000 E de dommages
Appuyés par leur avocat, le Roubaisien Stéphane Ducrocq, ils décident donc de faire bouger les choses en 2009. 885 des 1 600 plaintes sont déposées aux prud'hommes de Lannoy. Une audience de conciliation échoue en octobre. Et les demandes sont déboutées hier. « Les 800 dossiers restants ont été déposés mercredi », affirme Stéphane Ducrocq, qui « ne compte pas en rester là ». L'avocat rappelle que le 13 juillet dernier, la Cour de Cassation de la chambre sociale a rendu un avis contraire dans une affaire du même type. « Nous sommes forts juridiquement. » Pour Guy Laplatine aussi c'est évident, « nous allons faire appel pour ces premiers 800 dossiers ».
Une décision qui ne semble pas effrayer l'entreprise et son avocat, Laurent Marquet de Vasselot, « satisfait d'avoir fourni les bonnes informations au conseil » : « Auchan a présenté les éléments relatifs à sa politique de rémunérations qui, je le rappelle, va bien au-delà des simples bases avec notamment un treizième mois et l'intéressement. Auchan a aussi démontré qu'elle respectait la loi et la convention collective. » Pour autant, les salariés n'en démordent pas : pour la plupart au Smic, ils ne comptent pas faire une croix sur les 4 000 E qu'ils réclament individuellement à Auchan, ainsi qu'à environ 10 000 E de dommages et intérêts. « Parce qu'en attendant le procès d'appel, nos pauses, elles, ne seront toujours pas payées. »
Nord éclair Publié le vendredi 05 novembre 2010 à 06h00.


Commentaires
le 06-11-2010 à 08:49:07
Il est certain que cela n'arrange pas nos affaires mais il faut attendre maintenant l'arrêt de la cour de Cassation suite à la décision de le Cour d'appel de Lyon sur le temps de pause à Carrefour.
En tous cas cela montre l'appreté des discussion pour non pas avoir un salaire décent mais pour avoir un salair minimum. Tous les moyens sont bon pour réduire en peau de chagrin les maigres avancés salariales que nous avons.
Les NAO s'annoncent partout difficile.
Bon Courage
Brahim Messaouden, DP FO Carrefour Antibes
le 07-11-2010 à 12:37:33
le 05-12-2010 à 14:19:25
le 04-11-2011 à 22:28:20
faut être gonflé ..... malgré la pp, la participation, l'actionnariat, les 10% sur vos courses, le cef, la mutuelle et tutti quanti... vous trouvez le moyen d'attaquer votre boite parce qu'elle ne vous paye pas les heures que vous faites pas !!
Allez encore un peu de patience, les chinois arrivent................
le 05-11-2011 à 19:16:05
les chinois valent peut être mieux que les allemands.
le forum , sert à l'ensemble des employers d'auchan pour posé et trouvé des solutions aux questions sur les conditions de travail.
il ne sert pas de moyen de communications aux donneurs de leçon.
tiens voilà du boudin ,voilà du boudin
le 06-11-2011 à 00:27:52
bon courage
le 06-11-2011 à 07:28:43
.et le lendemain magasin vide !!!!!!!!!!!
bientôt les jours fériés et dimanches seront des jours comme les autres....mal payé....
Malheureusement il faut bien avoué que bcp ont besoin de travailler..étudiant...étude trop cher...futur retraité...qui n'auront pas assez pour vivre une fois à la retraite ...à aujourd'hui, bcp survivent...mais bientôt il y a aura encore plus........
à aujourd'ui bcp de personnel souhaîte quitter le magasin ..
.mais pourquoi faire???
est ce que le monde du travail est meilleur ailleur???
Les infos nous prouvent que non....
Tous les jours je m'accroche avec mon manager (qui trouve que j'ai un sens critique trop élevé....mais j'essaye simplement de faire respecter nos droits...et de leur faire comprendre que certaines décisions ne font qu'agraver la perte de nos clients.....
la politique aujourd'hui ce sont les marges, les stocks les frais de perso...etc..TANPIS POUR LE RESTE;;;;;
.mais je suppose que c'est pareil pour vous..,,,,
En espérant qu'un jour je ne recevrai pas une lettre..........
le 06-11-2011 à 07:32:03
le 06-11-2011 à 19:52:08
le 06-11-2011 à 20:02:54
le 06-11-2011 à 20:10:17
le 06-11-2011 à 20:25:48
le 29-01-2012 à 12:08:49